L'esthétique chez Carzou
Article dont les réflexions sont largement empruntées à Robert Delahaut et André Verdet.
Pour connaître la pensée originale de ces auteurs, consultez :
Venise dans l'oeuvre de Carzou, éditions Terre d'Europe.
Provence, éditions A.Sauret.
D’emblée, on reconnaîtra « un Carzou », tant ce dernier a marqué son œuvre de sa personnalité.
D’abord des couleurs vives qui peuvent varier des tons chauds rouges, oranges, aux bleu-vert, en passant par les tons soufrés, et surtout un graphisme puissant, nerveux, auxquels viennent s’ajouter de nombreux symboles (portes, roues, arbres, portiques …).
Son implacable rigueur des perspectives et son côté théâtral, se retrouvent dans chacune de ses œuvres. Mais pour bien les comprendre, il nous faut aller au-delà de l’image immédiate, car Carzou est avant tout un visionnaire.
Poète, il peint un monde imaginaire qui oscille entre le rêve et la réalité, le présent et le passé, le bonheur de vivre et la présence de la mort.
Regardez :
Ève 1966 et la symbiose qui s’établit entre elle et la végétation.
Les paysages où des canons voisinent avec des machines aratoires évoquant les temps de paix.
Les places désertes ou traversées par des créatures errantes, évocation d’un monde disparu, chargé de mystère.
Les femmes hiératiques aux grands yeux perdus, devant une fenêtre, symbole de franchissement.
Les palais en ruines, les bateaux aux mâts sans voiles, accostés dans des ports abandonnés, montrant la nostalgie du passé.
Danièle Sicard
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